Article de 960 mots ⏱️ 5 min de lecture

Face à une baisse significative des adoptions, les refuges pour animaux font face à un défi majeur. Les idées reçues concernant l’adoption d’animaux de refuge, notamment autour de l’âge, de la race, du comportement ou même de la couleur, freinent souvent les futurs adoptants. Afin d’encourager l’adoption, la RSPCA s’engage à déconstruire ces mythes pour aider ces animaux à trouver une famille aimante.

La campagne annuelle d’adoption de la RSPCA, lancée ce mois-ci, met en lumière la nécessité urgente de placer les nombreux animaux en attente dans leurs refuges, alors même que le nombre de relinquements dépasse celui des adoptions. Cette situation a conduit à une saturation des centres, les refuges étant aujourd’hui « pleins à craquer ».

Les statistiques révèlent une chute alarmante des adoptions de 34 % en seulement trois ans : en 2022, la RSPCA n’a reclassé que 25 535 animaux, contre 39 178 en 2019. Sam Gaines, responsable des animaux de compagnie pour l’association, souligne que si la majorité des personnes s’accordent à dire qu’il vaut mieux adopter qu’acheter, les mythes persistent et empêchent malheureusement beaucoup d’ouvrir leur foyer à un animal de refuge.

Parmi les idées fausses les plus répandues, on retrouve :

  • 82 % ont déjà entendu que les chats noirs portent malheur ;
  • 90 % pensent que les animaux de refuge présentent systématiquement des problèmes de comportement liés à un traumatisme ;
  • 55 % craignent que les animaux issus de refuges aient des antécédents médicaux complexes engendrant des frais vétérinaires élevés ;
  • 73 % croient que les refuges ne proposent que certains types ou races d’animaux ;
  • 100 % pensent qu’il est plus facile d’éduquer un chiot ou un chaton acheté dès le départ qu’un animal de refuge ;
  • 100 % ont entendu dire que les refuges n’autorisent pas l’adoption lorsqu’il y a des enfants dans la famille ;
  • 60 % imaginent que les animaux de refuge ont des dossiers médicaux compliqués et incertains.

Sam Gaines démystifie les six principaux obstacles à l’adoption :

Mythe 1 : Je ne connais pas l’histoire de l’animal si je l’adopte en refuge

Réponse : Bien que certains animaux recueillis aient un passé inconnu, notamment en cas d’abandon ou de fugue, les équipes de soins travaillent étroitement avec chaque animal pour comprendre son comportement et son état de santé. Elles peuvent ainsi fournir une évaluation complète et honnête bien plus précise que celle d’un animal acheté à un inconnu ou sur internet.

Mythe 2 : Acheter un chiot ou un chaton permet de les éduquer plus facilement dès le début

Réponse : Élever un jeune animal heureux et équilibré nécessite patience, connaissances et engagement. Beaucoup pensent à tort que les animaux de refuge sont difficiles à éduquer. Or, les centres d’adoption démarrent souvent le travail d’éducation et peuvent fournir conseils et méthodes adaptées, offrant ainsi un avantage considérable aux adoptants.

Mythe 3 : Les animaux de refuge ont toujours des troubles du comportement dus à un traumatisme

Réponse : Même si certains ont vécu des expériences difficiles, chaque animal est unique. Nombreux sont ceux qui, malgré des antécédents douloureux, s’adaptent parfaitement et s’épanouissent pleinement une fois adoptés.

Mythe 4 : Les refuges refusent l’adoption si la famille a des enfants

Réponse : Bien au contraire, la RSPCA valorise l’intégration des animaux dans les familles avec enfants. Tous les refuges disposent de critères précis pour identifier les animaux compatibles avec la présence d’enfants et mettent tout en œuvre pour favoriser une cohabitation harmonieuse.

Mythe 5 : Les refuges ne proposent que les mêmes races que je ne souhaite pas

Réponse : La diversité des animaux accueillis est bien plus large que beaucoup le pensent. La maltraitance et l’abandon ne ciblent aucune race en particulier ; ainsi, refuges et centres d’accueil recueillent des animaux variés, chacun ayant sa propre personnalité. La race n’est jamais un gage absolu de comportement. Il est essentiel de choisir un compagnon selon ses traits de caractère pour réussir une adoption durable.

Mythe 6 : Les chats noirs sont malchanceux et moins adoptés

Réponse : La superstition liée aux chats noirs persiste encore. Cette croyance infondée retarde malheureusement leur adoption. Pourtant, la couleur du pelage ne prédit en rien la capacité d’un chat à offrir de l’affection. Ouvrir son cœur à un chat noir peut transformer la vie de ce dernier comme la votre.

Parmi les exemples inspirants, on trouve Kodak, un chien recueilli par la RSPCA Sussex West, qui illustre que les animaux de refuge peuvent surmonter des difficultés majeures. Pesant 42 kilos, Kodak était anxieux, souffrait d’anxiété de séparation et avait besoin d’un apprentissage adapté pour la vie familiale. Grâce à une prise en charge spécialisée, une rééducation patiente et basée sur la récompense, il a progressivement gagné en confiance et acquis de nombreuses compétences sociales. Son histoire témoigne que le refuge est aussi un lieu de renouveau pour les animaux.

Adopter un compagnon à quatre pattes offre non seulement une seconde chance à un animal, mais enrichit aussi la vie de ceux qui les accueillent. En cette période, il est primordial de soutenir les refuges et d’encourager l’adoption responsable, contribuant ainsi à réduire la pression sur ces structures et à améliorer le bien-être animal.

Si l’adoption n’est pas une option pour vous, il reste possible d’aider autrement, en soutenant financièrement les refuges, en parrainant un box ou en devenant bénévole. Chaque geste compte pour protéger et accompagner ces animaux dans l’attente d’un foyer.