Tous les chats n’aiment pas grimper aux arbres, mais j’en ai connu beaucoup qui le font, et je souhaite partager quelques astuces sur ce qu’il ne faut surtout pas faire.
Récemment, Lumi est montée dans un arbre juste à côté de moi, téléphone en main. J’ai pu observer chacun de ses mouvements : le regard qui s’élève, le repositionnement minutieux des pattes, puis son départ, sûr et maîtrisé, comme une experte.
Elle vit avec nous depuis six mois maintenant, et avec le temps, elle me rappelle de plus en plus notre cher Odin, un maître de l’escalade arborée.
Pour lui, aucun arbre n’était insurmontable. Je me souviens d’une seule fois où il semblait bloqué, au point que je pensais devoir sortir une échelle. Mais même alors, il a finalement réussi à trouver la solution.
Conçus pour monter, pas pour descendre
Les griffes du chat sont recourbées vers l’arrière, ce qui rend la montée presque sans effort. Mais cette même courbure complique la descente.
Pour descendre tête première, un chat doit presque retourner complètement ses pattes arrière à 180 degrés afin d’avoir une prise. C’est pourquoi vous verrez souvent les chats redescendre à reculons, la queue la première. Ce n’est pas très élégant, mais c’est bien la raison pour laquelle tant d’entre eux se retrouvent coincés.
Les chats qui ont fait de l’arbre leur refuge
La plupart de mes chats, dont Otto, utilisent les arbres comme Lumi : une montée rapide, un moment d’observation, puis la descente. C’est un jeu plus qu’une destination. Mais certains autres, à plusieurs années d’intervalle, ont agi différemment.
Odin était un grimpeur sérieux, qui considérait l’arbre presque comme une seconde maison. J’ai de nombreuses photos de lui progressant branché par branché, parfaitement à l’aise avec la hauteur de façon que peu de chats atteignent.
Et avoir un seul œil ne l’a jamais empêché de garder son équilibre ni de savourer ses escapades en hauteur.
Deux de mes chats se sont vraiment retrouvés coincés
Phyliss, une chatte tigrée rousse dont mon ex-mari a eu la garde, est montée sur un poteau téléphonique à sommet plat et y est restée toute la nuit. J’ai appelé les pompiers, m’attendant à une scène classique de sauvetage. Il s’avère que c’est un mythe : ils n’interviennent pas pour les chats coincés en hauteur.
Elle est redescendue seule environ douze heures plus tard. J’aurais aimé voir comment elle s’est débrouillée sans aucun brancheau pour l’aider.
L’autre, ma chatte siamoise Coco, sœur de Merlin, a disparu pendant deux jours lorsque je vivais au Canada.
J’ai distribué des affiches, parcouru le quartier, et un homme m’a finalement dit avoir vu un chat dans un arbre à quelque pas de chez moi, devant une maison où j’avais déjà laissé une affiche.
Je ne saurai jamais pourquoi elle ne répondait pas quand je l’appelais à moins de quinze mètres. Mais elle y était, coincée là-haut pendant deux jours.
Aucun pompier n’a répondu à l’appel cette fois non plus, alors j’ai trouvé quelqu’un possédant une grande échelle de plus de six mètres, car personne d’autre ne voulait grimper.
Je ne suis pas fan des hauteurs et jamais je n’avais grimpé aussi haut sur une échelle, mais quand on est parent de chat, on fait ce qu’il faut.
Sans gants ni protections, j’ai monté la structure en appelant calmement son nom, puis je l’ai attrapée par la peau du cou, la tenant à bout de bras pour éviter les griffures, et j’ai redescendu l’échelle sous les regards soulagés et applaudissants des voisins.
Cela s’est passé bien avant l’ère des réseaux sociaux et bien sûr, la dernière chose à laquelle je pensais était de filmer la scène. Mais aujourd’hui, nul doute que quelqu’un aurait capturé ce sauvetage.
Je l’adorais et la surnommais la “bimbo des chats”. Mais elle a retenu la leçon : elle n’a plus jamais grimpé à un arbre, même en voyant son frère s’amuser là-haut sur notre nouvelle propriété, dans un autre pays.
Quelques faits intéressants
- La majorité des incidents de chats coincés dans les arbres arrivent avec des chats qui sortent explorer, non pas pour fuir un danger. C’est la curiosité qui les guide, pas la peur.
- Les chatons et jeunes félins grimpent plus haut et se retrouvent plus souvent bloqués, leur confiance dépassant leurs compétences pour redescendre.
- Un chat coincé mais peu stressé finit souvent par se débrouiller seul, si on lui laisse le temps.
Lumi garde ça simple : grimper vite, observer un instant, redescendre immédiatement. Sa sagesse me rassure.