Il est toujours angoissant de voir notre compagnon félin tomber malade, surtout lorsqu’il adopte un comportement inhabituel. Parmi les premiers signes d’alerte, on observe souvent que le chat devient plus calme, léthargique ou se met à se cacher. Ces manifestations peuvent cacher une simple infection ou une affection plus grave. Mais que penser lorsque sa personnalité change, qu’il peine à marcher ou fait même des convulsions ? Ces symptômes peuvent indiquer un trouble neurologique nécessitant une prise en charge vétérinaire urgente.
Les causes des troubles neurologiques chez le chat sont variées : infections, traumatismes, anomalies congénitales, tumeurs… Autant de pistes à explorer pour identifier et traiter ces affections. Voici un aperçu des principales maladies neurologiques félines, leurs signes, leurs causes et les solutions possibles.
Le système nerveux des chats, un réseau complexe
Le système nerveux contrôle toutes les fonctions biologiques essentielles, des réflexes aux mouvements, en passant par la coordination, la digestion, la respiration ou encore le fonctionnement hormonal et cognitif. Ainsi, une altération de ce système peut avoir des répercussions majeures.
Les troubles neurologiques se manifestent de façons très diverses, d’où l’importance d’un examen médical détaillé. Décrire les symptômes observés, leur durée et leur évolution aide à localiser le problème et à comprendre sa gravité. Par exemple, une infection peut s’accompagner d’écoulements oculaires, nasaux ou auriculaires, tandis qu’une épilepsie se traduit essentiellement par des crises répétées.
Selon l’emplacement de la lésion, les signes diffèrent : une atteinte de la colonne vertébrale entraîne souvent une faiblesse ou une paralysie des pattes, tandis qu’une lésion cérébrale peut affecter de multiples fonctions. De même, le moment d’apparition des symptômes est un indice précieux : des manifestations depuis la naissance peuvent évoquer un trouble congénital, alors que des symptômes survenant tardivement sont plus souvent liés à une tumeur ou au vieillissement.
Les troubles neurologiques les plus fréquents chez les chats
1. La péritonite infectieuse féline (PIF)
Issue d’une mutation du coronavirus félin, la PIF est une maladie virale grave, souvent mortelle. Ce coronavirus est très répandu, notamment chez les chats en collectivité. La plupart restent asymptomatiques, mais chez certains, le virus évolue vers une forme active entraînant une inflammation sévère.
La forme “humide” de la PIF provoque des accumulations de liquide dans l’abdomen, tandis que la forme “sèche” affecte différents organes, dont les yeux et le système nerveux. Lorsque le cerveau est atteint, les symptômes incluent dépression, crises d’épilepsie, troubles de la coordination et coma. La maladie touche surtout les chats de moins de deux ans, mais peut se déclencher à tout âge après une phase latente.
Traitement : Jusqu’en 2022, la PIF était sans espoir. Le développement du médicament antiviral Remdesivir, utilisé dans le contexte du Covid-19, a montré des résultats encourageants pour traiter la PIF. Cependant, son coût élevé et sa disponibilité limitée freinent son usage.
Prévention : Un vaccin existe aux États-Unis, mais son efficacité reste controversée. La meilleure prévention repose sur une bonne hygiène, des soins réguliers, une alimentation de qualité et la limitation du stress pour renforcer les défenses immunitaires du chat.
2. Otites et infections de l’oreille
Une infection de l’oreille peut imiter des troubles neurologiques. Une otite externe provoque souvent un simple penchement douloureux de la tête. Parfois, lorsque l’infection atteint l’oreille moyenne ou interne, elle peut entraîner des symptômes tels que l’ataxie (manque de coordination), la tête inclinée, ou un nystagmus (mouvements rapides et involontaires des yeux).
Dans les formes graves, l’inflammation peut migrer jusqu’au cerveau et engendrer des crises d’épilepsie ou des troubles du comportement. Les signes apparaissent généralement rapidement, souvent après une période d’inconfort auriculaire.
Traitement : Il combine des gouttes auriculaires, des antibiotiques oraux et parfois des corticostéroïdes. En cas de résistance au traitement, des examens approfondis comme un scanner peuvent être nécessaires. Le pronostic est souvent bon s’il n’y a pas de dégâts nerveux permanents.
3. Néoplasies (tumeurs cérébrales et médullaires)
Les tumeurs du système nerveux sont rares chez le chat, surtout en dessous de 10 ans. Leur localisation influence les symptômes : certaines tumeurs peuvent se développer lentement sans signes cliniques apparents pendant des mois, d’autres croissent rapidement et déclenchent divers troubles (changement de comportement, faiblesse, troubles moteurs, incontinence).
Traitement : Il peut inclure chirurgie, radiothérapie ou gestion médicale des symptômes, notamment les crises d’épilepsie. Selon la nature et l’emplacement de la tumeur, le pronostic reste souvent réservé.
4. Épilepsie et crises d’épilepsie
Les crises peuvent résulter de causes diverses :
- Épilepsie idiopathique (génétique),
- Crises secondaires liées à des lésions cérébrales (tumeurs, inflammations),
- Crises réactives causées par des facteurs externes (toxines, fièvre).
Chez le chat, l’épilepsie apparaît principalement avant 7 ans. Entre les crises, le félin est généralement normal. Les crises partielles (affectant une partie du corps) sont plus fréquentes que les crises généralisées. Le diagnostic repose sur des examens pour écarter d’autres causes.
Traitement : Il dépend de la nature et de la gravité des crises. Des médicaments antiépileptiques sont prescrits lorsque les crises se répètent et deviennent sévères. Le pronostic varie selon la réponse au traitement.
5. Hypoplasie du cervelet
Ce trouble congénital, lié à une infection par le virus de la panleucopénie maternelle, perturbe le développement du cervelet, organe chargé de la coordination motrice. Les chatons atteints présentent une démarche instable, une mauvaise coordination et des troubles de l’équilibre.
Traitement : Aucun traitement curatif n’existe. La qualité de vie peut être améliorée par un accompagnement adapté. Malgré tout, certains chatons sont euthanasiés pour des raisons de confort.
6. Traumatismes
Les accidents, notamment ceux liés aux voitures, sont la cause la plus fréquente de lésions neurologiques traumatiques. Les effets dépendent du type et de la gravité de la blessure. Les troubles traumatiques courants incluent :
- lésions pelviennes ou rachidiennes,
- traumatismes par traction de la queue,
- traumatismes crâniens.
7. Syndrome de dysfonctionnement cognitif félin (SCD)
Communément appelé démence sénile, ce syndrome touche les chats âgés. Il se traduit par des modifications subtiles du comportement : toilette négligée, changements d’habitudes, attitudes “dans le vide”.
Ces signes peuvent aussi correspondre à d’autres affections liées à l’âge, comme des troubles rénaux, thyroïdiens ou articulaires. Un bilan vétérinaire complet est donc indispensable avant d’attribuer ces symptômes au vieillissement.
Traitement : Les possibilités sont limitées, mais certains compléments et médicaments peuvent aider à soutenir les fonctions cognitives. Il est important d’en discuter avec un vétérinaire.
En résumé, les troubles neurologiques chez le chat couvrent un large spectre de maladies aussi complexes que le système nerveux lui-même. Toutes ces affections peuvent affecter profondément les fonctions corporelles et le bien-être du félin.
Les chats sont naturellement résistants, mais restent vulnérables aux infections, lésions et maladies. Un changement de comportement, une altération de la marche ou toute anomalie doivent inciter à consulter un vétérinaire sans délai afin d’établir un diagnostic précis et mettre en place un traitement adapté.