Une étude récente révèle que les chats miaulent plus fréquemment en présence d’hommes que de femmes. Les chercheurs avancent que ce comportement pourrait être lié à la façon dont les hommes interagissent avec leurs compagnons félins, nécessitant des vocalisations plus nombreuses pour attirer leur attention.
Le Dr Kaan Kerman, enseignant en psychologie à l’Université Bilkent en Turquie, a mené une étude où des propriétaires de chats ont accepté de se filmer à leur retour chez eux, afin d’observer les premiers instants de retrouvailles avec leurs animaux. L’analyse des vidéos a montré que les chats produisent en moyenne 4,3 miaulements en 100 secondes lorsqu’ils sont accueillis par un homme, contre seulement 1,8 miaulement en présence d’une femme. Ce décompte inclut également d’autres types de vocalisations comme le trille, le pépiement, le grognement ou le ronronnement.
Les chercheurs émettent l’hypothèse que cette différence serait due aux modes d’interaction distincts entre hommes et femmes. Il a été démontré dans des travaux antérieurs que les femmes parlent plus souvent à leurs chats et sont en général plus aptes à interpréter leurs vocalisations. Ainsi, les chats devraient miauler davantage devant les hommes pour que ceux-ci remarquent leurs besoins.
« Les auteurs suggèrent que nous, les hommes, sommes parfois peu attentifs à nos chats, ils doivent donc vocaliser plus pour capter notre attention », explique le Dr Jonathan Losos, biologiste évolutif à l’Université de Washington à St. Louis et auteur de The Cat’s Meow. Il souligne toutefois que d’autres facteurs, comme des différences dans la manière dont hommes et femmes suivent les consignes, pourraient aussi expliquer ces résultats, en plus du faible nombre de participants à l’étude.
Malgré ces conclusions, certains spécialistes restent prudents. Le Dr Mikel Delgado, chercheuse senior à l’Institut Purdue et consultante en comportement félin pour Feline Minds, note que l’étude ne prend pas en compte d’autres variables importantes, telles que la durée d’absence du propriétaire ou le moment du dernier repas du chat. « Peut-être que les hommes travaillent en moyenne plus longtemps ou nourrissent moins fréquemment leurs chats », avance-t-elle. Selon elle, ces facteurs pourraient expliquer les différences observées dans le miaulement.
De plus, les chercheurs n’ont pas mesuré la quantité de paroles que les propriétaires adressent à leurs chats, ce qui pourrait aussi influencer le niveau de vocalisation. Les auteurs reconnaissent que des facteurs culturels jouent un rôle, notamment en Turquie où les hommes interagissent verbalement moins souvent avec leurs chats, d’où la nécessité pour ces derniers de miauler davantage pour obtenir une réponse.
Le Dr Kerman souhaite étendre cette recherche à d’autres pays afin de vérifier la portée de ces observations. « Je suis impatiente de voir des études plus larges qui prendront en compte ces différentes explications avant de valider ces résultats », conclut le Dr Delgado.